L’IA ne crée pas un vide juridique. Elle s’insère dans des règles déjà bien en place, notamment celles du Code du travail. Et ce cadre impose déjà des obligations claires — surtout quand l’organisation, les conditions de travail ou la sécurité sont en jeu.

3.1. Consultation obligatoire du CSE : pas d’IA sans dialogue

L’article L.2312-8 du Code du travail est limpide : toute introduction d’une nouvelle technologie doit faire l’objet d’une information et consultation du CSE, si elle impacte :

Autrement dit : même un test, une expérimentation ou une fonctionnalité IA “en bêta” doit être présentée au CSE.

Ce n’est pas une option. C’est une obligation légale.

📕 Tribunal judiciaire de Nanterre – 14 février 2025

Un outil IA déployé en phase pilote a été suspendu faute de consultation du CSE.

Il n’y avait ni analyse d’impact, ni communication sur les risques. Résultat : suspension immédiate.

3.2. Règlement intérieur, chartes, consignes : attention à la forme

Si l’usage de l’IA devient une obligation (ex. : “utiliser tel outil pour les entretiens annuels”), alors il s’agit d’une modification du règlement intérieur.

Et là encore, le CSE doit être consulté préalablement.

Le Conseil d’État a confirmé que des consignes générales appliquées à un groupe de salarié·es peuvent être assimilées à une clause du règlement intérieur, même si elles ne portent pas ce nom.

3.3. Licenciement pour mutation technologique : terrain glissant

L’article L.1233-3 du Code du travail prévoit qu’une mutation technologique peut justifier un licenciement économique, en cas de :